Comment réduire la sinistralité d’une flotte automobile ?
Commencez par analyser les constats et le relevé de sinistralité pour repérer les accidents qui se répètent. Agissez ensuite sur les quatre leviers décrits par l’INRS : l’organisation des déplacements, l’état des véhicules, les communications au volant et les compétences des conducteurs.
Publié le · Rédaction constat-auto.com
Par quelles données commencer ?
Le relevé de sinistralité donne la vue d’ensemble, mais il n’explique pas pourquoi les accidents arrivent. Dans son guide d’évaluation du risque routier en mission, l’INRS indique que le dépouillement des constats transmis aux assurances peut fournir une première information. Regardez les accidents qui se répètent : marche arrière sur parking, collision par l’arrière, trajet récurrent, service ou type de mission.
L’INRS recommande aussi d’examiner les accidents bénins mais potentiellement graves et les « presque-accidents », pour repérer des situations de conduite à risque. Il met toutefois en garde : réduire l’évaluation du risque routier à la seule étude de la sinistralité est une erreur. Les chiffres montrent ce qui s’est produit, pas forcément les risques pris chaque jour. Échangez donc aussi avec les conducteurs, par questionnaires, entretiens ou réunions.
Quelle est l’obligation de l’employeur ?
L’INRS rappelle que la conduite en mission est un acte de travail. L’entreprise doit évaluer le risque routier comme les autres risques professionnels, l’intégrer au document unique d’évaluation des risques et en tirer un programme d’actions. Selon l’INRS, les accidents de la route liés au travail représentent plus de 30 % des accidents mortels du travail.
Réduire la sinistralité n’est donc pas seulement une question de contrat d’assurance. Le gestionnaire de flotte a tout intérêt à travailler avec la direction, le responsable sécurité et, le cas échéant, les représentants du personnel. L’INRS précise que, pour les accidents les plus graves, l’analyse approfondie associe ces instances.
Quelles actions mener sur les déplacements et les véhicules ?
Pour les déplacements, la première question de l’INRS est simple : le trajet peut-il être évité ? Les rendez-vous à distance, le train ou les formules mixtes train-location peuvent remplacer une partie des kilomètres. Lorsque la route reste nécessaire, le temps prévu doit tenir compte de l’état des routes, de la météo et des temps de repos. L’entreprise peut aussi rationaliser les tournées et fixer une distance ou un temps de conduite au-delà desquels la voiture n’est plus retenue.
Pour les véhicules, l’INRS préconise un entretien suivi, une procédure de contrôle au départ et au retour de mission, ainsi qu’un carnet de bord par véhicule qui garde la trace des réparations et des points contrôlés. Une note de service peut demander aux conducteurs de signaler tout problème mécanique et tout accrochage. L’institut recommande également de choisir des équipements de sécurité adaptés et de soigner l’arrimage des charges dans les utilitaires.
Comment agir sur le téléphone et les compétences ?
L’INRS souligne que l’usage du téléphone pendant la conduite comporte des risques et recommande de ne pas téléphoner en conduisant, même avec un kit mains libres. Partez des besoins réels : qui appelle les conducteurs, à quel moment et pourquoi ? L’institut propose d’instaurer un protocole de communication, par exemple avec un message vocal indiquant que le salarié est au volant, et de consulter les messages lors des pauses.
Côté compétences, l’INRS cite le recrutement, la formation et l’information des salariés. Une formation est plus utile si elle vise les accidents réellement constatés dans votre parc : un service qui multiplie les chocs à faible vitesse n’a pas les mêmes besoins qu’une équipe de grands rouleurs. Nos guides sur la marche arrière et la collision par l’arrière peuvent servir de support aux conducteurs concernés.
Peut-on utiliser la géolocalisation pour surveiller la conduite ?
Pas sans cadre. La CNIL admet la géolocalisation pour certains objectifs, comme la sécurité de l’employé, des marchandises ou du véhicule, ou le respect des règles d’utilisation du véhicule. Elle interdit en revanche de s’en servir pour contrôler le respect des limitations de vitesse ou pour surveiller un salarié en permanence, et la localisation ne doit pas être collectée hors temps de travail.
Avant l’installation, le CSE doit être informé ou consulté, chaque salarié doit être informé et le dispositif doit figurer au registre des traitements. La durée de conservation est en principe de deux mois, avec des exceptions. La page de la CNIL, publiée en 2023, est signalée comme en cours de mise à jour : vérifiez sa version à jour ou faites valider votre projet.
La prime baissera-t-elle si les sinistres diminuent ?
Rien ne le garantit. Service-Public exclut du bonus-malus les contrats couvrant plus de 3 véhicules de catégorie B appartenant au même propriétaire, avec des exceptions pour les véhicules loués ou en leasing : voir notre guide sur le bonus-malus d’une flotte. Le courtier en ligne Coover indique que la prime d’un contrat flotte est recalculée à chaque échéance à partir des sinistres de l’année précédente et des profils des conducteurs. Les règles varient selon les contrats : demandez à votre assureur ou courtier quels indicateurs il suit, et préparez votre renouvellement avec des chiffres vérifiés.
Un plan d’actions n’a de valeur que s’il s’appuie sur des dossiers fiables. Une procédure de déclaration claire évite les constats incomplets. Si un conducteur n’a pas de formulaire papier, le formulaire de constat en ligne fonctionne dans le navigateur, sans application, et produit un PDF à transmettre au gestionnaire de flotte ; vérifiez avec votre assureur sous quelle forme il l’accepte.
Sources et références
- INRS : risques routiers, ce qu’il faut retenir
- INRS : Le risque routier en mission, guide d’évaluation des risques (ED 6329)
- CNIL : la géolocalisation des véhicules des salariés
- Service-Public : bonus-malus et véhicules exclus
- Coover : bonus-malus et contrat flotte
Sources consultées le 2 novembre 2026.
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