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Accident sous l'emprise de l'alcool : constat, responsabilité et assurance

Un accident impliquant un conducteur en état d'ivresse soulève des questions spécifiques : le constat amiable reste-t-il valable ? L'assurance peut-elle refuser d'indemniser ? Quels recours pour la victime ? Voici tout ce qu'il faut savoir.

Le constat amiable en cas d'alcool au volant

L'état d'ivresse d'un conducteur ne modifie pas la procédure du constat amiable. Les deux conducteurs doivent toujours remplir et signer le document sur place. L'alcoolémie sera mentionnée dans la zone d'observations si un alcootest a été réalisé, ou documentée par un procès-verbal de police.

⚠️ Si le conducteur alcoolisé est agressif ou incohérent, ne tentez pas de remplir le constat de force. Appelez le 17. Le procès-verbal de gendarmerie ou de police remplacera le constat amiable auprès de votre assureur.

Si l'autre conducteur refuse de coopérer, notez son immatriculation, photographiez la scène et les dommages, et recueillez les coordonnées de tout témoin. Ces éléments seront indispensables pour votre déclaration de sinistre.

Conséquences pour le conducteur fautif

1

Sur le plan pénal

Conduire avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,5 g/L (0,2 g/L pour les jeunes conducteurs en période probatoire) constitue une infraction pénale. En cas d'accident corporel, les peines peuvent aller jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

2

Sur le plan de l'assurance

La quasi-totalité des contrats d'assurance auto prévoient une clause d'exclusion de garantie en cas d'alcoolémie délictuelle. Concrètement :

  • L'assureur du conducteur fautif indemnise quand même la victime (obligation légale).
  • Mais il peut ensuite exercer un recours subrogatoire contre son propre assuré pour récupérer les sommes versées.
  • Les dommages matériels subis par le conducteur ivre lui-même ne sont généralement pas pris en charge.
3

Sur le bonus-malus

Un accident responsable en état d'ivresse entraîne une majoration de 25 % du coefficient de bonus-malus, identique à tout accident responsable. À cela s'ajoute souvent une résiliation du contrat par l'assureur, qui dispose d'un droit de résiliation après sinistre grave.

Et si la victime était aussi alcoolisée ?

La loi Badinter (1985) protège les victimes d'accidents de la circulation, mais elle prévoit des nuances lorsque la victime conductrice a elle-même commis une faute. Si la victime était en état d'ivresse et que sa conduite a contribué à l'accident, sa part de responsabilité peut être retenue et son indemnisation réduite en proportion.

✅ En revanche, les passagers et les piétons victimes bénéficient d'une protection quasi-absolue sous la loi Badinter : leur indemnisation ne peut être réduite que dans des cas très exceptionnels, même s'ils étaient alcoolisés.

Comment être indemnisé si l'autre conducteur était ivre ?

En tant que victime, votre indemnisation est garantie même si le conducteur fautif est sans assurance ou si son assureur active une clause d'exclusion. Voici les étapes :

  • Déclarez le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés avec le constat ou le PV de police.
  • Transmettez toutes les preuves : photos, témoignages, rapport de police, certificat médical si blessure.
  • Si le conducteur adverse est non assuré ou insolvable, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) prend le relais pour votre indemnisation.
  • En cas de dommages corporels, consultez un médecin dans les 24 heures et conservez tous les documents médicaux.

Questions fréquentes

Un conducteur ivre doit-il quand même remplir un constat amiable ?

Oui. L'alcoolémie n'exonère pas de l'obligation de remplir le constat amiable. Si le conducteur est incapable de le faire, appelez le 17 pour qu'un procès-verbal soit dressé — il remplacera le constat auprès des assureurs.

L'assurance peut-elle refuser de rembourser un conducteur alcoolisé ?

Oui, pour les dommages causés au conducteur fautif lui-même. Pour les victimes, en revanche, l'indemnisation est toujours garantie par la loi. L'assureur peut exercer un recours contre son assuré pour récupérer ce qu'il a versé aux victimes.

Que faire si l'autre conducteur est ivre et refuse de coopérer ?

Appelez le 17 immédiatement. Les forces de l'ordre constateront l'état d'ivresse et établiront un procès-verbal. Notez l'immatriculation du véhicule et photographiez la scène avant l'arrivée des secours.

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